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Une petite historique de l’America’s Cup
Considérée comme le plus vieux trophée sportif du monde, l’America’s Cup est devenue une obsession pour quelques unes des personnalités les plus célèbres, puissantes, extrêmes, et parfois les plus excentriques du monde. L’America’s Cup transcende le sport, c’est une histoire d’aventure, d’ambition, d’innovation, de créativité, de gloire et de compétition.
Cette histoire débute il y a bien longtemps. Pour la remettre dans son contexte, imaginez que lorsque les premiers Jeux Olympique de l’ère moderne eurent lieu à Athènes en 1896, l’America’s Cup avait déjà 45 ans… lorsqu’en 1851, le yacht America vient à bout du fleuron de la flotte britannique.
Cette régate originelle dans le Solent, autour de l’Ile de Wight, sur la côte Sud de l’Angleterre, était celle de la 100 Guinea Cup organisée par le Royal Yacht Squadron. Le vainqueur, America, avait été construit par un syndicat du New York Yacht Club, alors dirigé par le commodore John Cox Stevens. America avait été conçu à la fois pour traverser l’Atlantique, participer à l’Exposition Universelle et régater enfin contre le meilleur de la flotte britannique, pour le compte de « gentlemen parieurs ».
Mais Stevens et ses collègues avaient « topé » un peu trop vite. En déboulant à pleine vitesse dans le Solent à la fin de leur convoyage en Manche, ils dissuadèrent les parieurs locaux d’engager la moindre mise en faveur de cette goélette aux lignes radicales. Finalement, America fut autorisé à courir la 100 Guinea Cup du Royal Yacht Squadron, qu’elle gagna, remportant ainsi le trophée à la maison.
En 1857, Stevens et son syndicat firent donation de leur trophée au New York Yacht Club, à travers un Deed of Gift, déclarant que la Coupe devait être considérée comme un « Challenge permanent pour une compétition amicale entre les nations »
L’America’s Cup était née.
Toujours fidèle au Deed of Gift, le principe de l’America’s Cup est resté basé sur celui du défi, du challenge. Le Yacht Club qui remporte la Coupe devient le Defender, et doit accepter LE DEFI d’un Yacht Club challenger, pour défendre le trophée.
Les premières années, le Defender du New York Yacht Club bénéficiait de nombreux avantages, lui permettant de conserver le trophée sain et sauf, à sa place. Il faut dire que les challengers devaient concevoir un bateau assez solide pour pouvoir naviguer jusqu’à New York ( souvent après avoir traversé l’Atlantique), mais également capable de régater dans les petits airs de Long Island Sound.
Cette double contrainte, entre autres avantages, permit au New York Yacht Club de défendre la Coupe avec succès pendant 132 ans…une période considérée comme la plus longue pour la détention d’un trophée sportif.
Cette période perdura pendant les deux guerres mondiales, avec l’ère des Class J, ces immenses et magnifiques voiliers portant des mâts vertigineux et des cathédrales de toile. Elle s’acheva en 1983 avec l’avènement des 12 Mètres.
Pendant longtemps dans l’histoire de la Coupe, le Defender n’acceptait de courir que face à un seul Challenger. Mais en 1970, avec de plus en plus de Clubs et de nations intéressés par l’épreuve, le New York Yacht Club dût accepter plusieurs challenges. Les challengers candidats s’éliminaient d’abord entre eux en régate, pour déterminer qui rencontrerait le Defender au cours de l’America’s Cup Match.
De nombreux historiens considèrent cette date comme la fin de la suprématie du Defender. Les faits viennent à l’évidence soutenir cette thèse. A partir du moment où Louis Vuitton devint partenaire des régates éliminatoires des challengers, en créant en 1983 la Louis Vuitton Cup, le Defender fut battu à quatre reprises sur six par un Challenger (sans tenir compte du Big Boat challenge de 1988). Jusqu’à présent, en 24 tentatives, jamais un Challenger n’avait réussi.
L’équipe qui mit un terme à la domination du Defender New Yorkais est Australia II. Les Australiens naviguèrent en confiance et éliminèrent dans un premier temps tous les autres challengers. Avec leur fameuse quille à ailette dessinée par Ben Lexcen et le talent de leur skipper John Bertrand, les jeunes australiens vinrent à bout de la légende Dennis Conner et de son équipage, au cours d’un Match électrique, et dont le dénouement ne fut connu qu’au terme de la septième et dernière régate : 4-3.
En 1987, Conner pris une revanche à la mesure de sa défaite et ramena la Coupe au Yacht Club de San Diego… Avant que Team New Zealand ne reprenne à son tour, pour la réinstaller dans l’hémisphère Sud.
En 2003, le syndicat suisse d’Alinghi devint la première équipe à remporter l’America’s Cup dès sa première tentative, grâce à une équipe navigante internationale et très expérimentée.
En tant que syndicat chargé de défendre la Coupe, Alinghi est désormais l’équipe à battre lors du 32 ème America’s Cup Match. L’équipe participera à tous les Actes qui la mèneront jusqu’au Match et devra se préparer à défendre son trophée face à une liste de challengers représentant peut-être le plus haut niveau jamais réuni dans l’America’s Cup.